Interview avec L’écho Républicain

Photo--CG - CopieLe Consul Général, M. Khalid AFKIR, a accordé une interview au journal l’écho Républicain.

Il a évoqué l’engagement du Maroc pour une coopération triangulaire où l’Afrique est un partenaire à part entière, en invitant les entreprises régionales à profiter de la présence et de l’expérience cumulée par leurs homologues marocaines déjà présentes sur le marché africain.

Ci-après l’intégrale de l’interview publié dans l’édition du 07 juillet 2017 :

Comment expliquez-vous le développement d’une forte proximité entre le Maroc et ses voisins africains, ces dernières années ?
Cette proximité s’exprime à plusieurs niveaux. Elle se manifeste surtout sur les plans humain, culturel et diplomatique. Il faut d’abord signaler que le nombre de Marocains résidants en Afrique a été multiplié par trois en l’espace de douze ans, passant de 4.500 en 2005 à 15.586 actuellement. De l’autre côté, le Maroc a régularisé la situation de 25.000 ressortissants africains sur son sol au terme de la première phase de cette opération, en 2014. 20.000 nouveaux ressortissants sont en cours de régularisation au titre de la deuxième phase, qui a été lancée le 15 décembre de l’année dernière. Par ailleurs, 25.000 étudiants africains sont des lauréats des universités marocaines. En 2017, le nombre d’étudiants africains inscrits dans les établissements marocains d’enseignement supérieur a atteint 8.600 parmi lesquels 80 % (6.600 étudiants) sont des boursiers du gouvernement marocain.

Est-ce que le développement économique à une place dans cette importante proximité ?
Bien sûr qu’il en est également question. Sa majesté le roi en s’adressant, le 24 février 2014, au Forum économique maroco-ivoirien à Abidjan, insistait sur l’importance des relations économiques en soulignant que si « auparavant, la diplomatie était au service de la consolidation des relations politiques, aujourd’hui, c’est la dimension économique qui prime et constitue l’un des fondamentaux des relations diplomatiques ». Le souverain a jeté les bases, à cette occasion, d’une nouvelle approche basée sur l’efficacité, la performance et la crédibilité, appelant à ce que « l’Afrique fasse confiance à l’Afrique ».

Quelle est la place des engagements marocains en Afrique ?
Ce cap, qui a été tracé et assumé, a permis au Maroc d’être le premier investisseur en Afrique de l’Ouest et le deuxième sur l’ensemble du continent. Entre 2008 et 2015, les entreprises marocaines présentes partout en Afrique subsaharienne (actuellement au nombre de 1.000) ont investi 2,2 milliards de dollars. Le flux des échanges commerciaux a été multiplié, quant à lui, par cinq entre 2002 et 2014.

Y a-t-il des chantiers d’envergure qui ont été lancés à ce sujet ?
Cette dynamique a été renforcée récemment par le lancement de chantiers structurants de grande envergure. Je citerai le projet de Gazoduc Atlantique, dont l’accord de mise en œuvre a été signé le 15 mai, à Rabat, et qui reliera le Nigeria au Maroc, en traversant onze pays ouest-africains ; le projet de construction d’usine d’engrais au Nigeria et en Éthiopie afin de servir de relais de croissance verte dans leurs sous-régions respectives et contribuer à la sécurité alimentaire de l’Afrique ; le projet de réaménagement de la Baie de Cocody en Côte d’Ivoire et du Canal de Pangalanes de Madagascar, ainsi que les projets de construction de villes nouvelles au Sud-Soudan et en Guinée, et le réaménagement de l’ancien aéroport de Dakar en cité d’affaires. D’ailleurs, la récente décision du Sommet de Monrovia d’ouvrir la voie à une adhésion du Maroc à la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) constitue une reconnaissance claire de l’effort consenti par le royaume afin de favoriser une meilleure intégration entre les économies de l’espace nord-ouest africain.

Comment le partenariat franco-marocain peut-il tirer profit de cette réalité ?

L’économie africaine a multiplié son volume par quatre depuis le début des années 2000. D’aucuns pensent qu’elle sera, pour les années à venir, la principale locomotive de l’économie mondiale. Loin de l’image d’un continent en proie uniquement à l’instabilité, aux menaces sécuritaires, à la précarité et aux crises écologiques, l’Afrique est une opportunité pour la croissance universelle et nous devons la saisir. Eu égard à la singularité de la relation qui existe entre nos deux pays, je crois qu’il y a matière à co-construire. Les banques marocaines sont actuellement disponibles dans vingt-six pays africains. Le Maroc est relié à plusieurs capitales africaines à raison de trente-deux vols par jour et à des ports africains par le biais de trente-quatre lignes maritimes quotidiennes en partance du port de Tanger Med.

Quel est l’intérêt pour les entreprises locales ? 
Les entreprises françaises en général, et celles de la région Centre-Val de Loire en particulier peuvent profiter de cette présence et de l’expérience cumulée par leurs homologues marocaines afin de s’installer dans une logique mutuellement bénéfique, y compris pour les opérateurs privés africains. À cet égard, il sied de signaler que le Maroc a toujours appelé, au vu de son positionnement géographique et de sa proximité optimale avec l’Europe et l’Union européenne, à avoir une coopération triangulaire où l’Afrique est un partenaire à part entière. Celle-ci ne peut être perçue uniquement comme un marché. Elle appelle de notre part, un regard la considérant comme un acteur pour la co-création des richesses et des emplois.

Consulter l’interview :

Sur le site du journal : www.lechorepublicain.fr

Ou en format PDF

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